problème mathématique

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 37,5 torchons ou bien 40 serviettes ? 
 
Démonstration :
Nous avons tous appris à l'école qu'on n'ajoute pas des choux et des carottes ou des torchons et des serviettes. Tout comptable sait que des comparaisons ne sont valables que si elles sont effectuées " à  structure comparable ". En tant que scientifique, j'ai le devoir, lorsque je compare deux données chiffrées, de commencer par vérifier qu'elles correspondent à la même réalité, par exemple sont exprimées dans la même unité. Sinon, on peut faire dire absolument n'importe quoi aux chiffres.
Le mot " annuité " correspond en fait à un nombre issu de calculs totalement différents dans les deux régimes.
 

En gros : 

  • Dans le public, le nombre d'annuités correspond au temps où l'on occupe effectivement un emploi, au prorata du temps de travail : ainsi, 1 an de travail à mi-temps donne une demi-annuité, 1 an à 80% donne 0,8 annuité, etc.
  •               Dans le privé, c'est bien plus compliqué. Cela dépend d'abord des sommes perçues : on valide, pour chaque année civile, un nombre de trimestres correspondant au salaire soumis à cotisations dans l'année.
C'est ainsi, pour prendre un exemple, qu'un cadre qui a travaillé 3 mois dans une année civile obtiendra une annuité entière (alors qu'un smicard qui a travaillé 3 mois n'obtiendra lui que 0,5 annuité : est-ce bien équitable ?).
De même, un an de travail à mi-temps compte pour une annuité complète.
On rajoute ensuite certaines périodes non travaillées : chômage (en  partie), congé parental (sous conditions), etc.
A cela s'ajoutent des bonifications qui diffèrent totalement entre les deux régimes, dont la bonification pour enfant accordée aux mères (2 ans dans le privé, 1 dans le public) (1). En résumé il est parfois plus " facile " d'obtenir des annuités dans le privé que dans le public.
Voilà un exemple qui montre bien les limites de cette comparaison.
Puisque les médias se sont fait l'écho de certains avantages (oubliant les inconvénients) des femmes fonctionnaires mères de 3 enfants, prenons l'exemple d'une mère de 3 enfants qui décide de travailler 8 ans à mi-temps pour les élever :
      Si elle est dans le privé, elle aura une bonification de 6 annuités et les 8 ans à mi-temps compteront pour huit annuités. Pour obtenir une retraite à taux plein (40 annuités), il lui faudra donc obtenir 40-8- 6, soit 26 annuités supplémentaires.
       Si elle est fonctionnaire, la bonification sera de 3 annuités et les 8 ans à mi-temps compteront pour 4 annuités. Pour obtenir une retraite à taux plein (37,5 annuités), il lui faudra donc obtenir 37,5-3-4, soit 30,5 annuités supplémentaires, c'est-à-dire travailler effectivement 30,5 années à plein temps.
Est-ce bien équitable ?
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(1) Vous pensez peut-être que ce projet, qui se veut équitable, va revenir sur cette différence ? Détrompez-vous : s'il instaure une validation des périodes de congé parental, le projet supprime purement et simplement la bonification d'un an des femmes fonctionnaires, pour les enfants nés après le 1er janvier 2004 ! Mais la suite parait claire : s'il passe, vous entendrez dans quelques années à la télévision : " Dans le privé il y a une bonification de 2 ans par enfant qui n'existe pas pour les fonctionnaires, c'est inéquitable ". Et on supprimera la bonification des mamans du privé !
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Tout cela pour dire que comparer le nombre d'annuités nécessaires pour obtenir une retraite à taux plein dans les deux régimes et en déduire que ce serait inéquitable car 37,5 est inférieur à 40 n'a aucun sens et relève de l'imposture. D'autant plus que la notion de " retraite à taux plein " n'a strictement rien à voir entre les deux régimes et qu'on ne tient pas compte des retraites complémentaires du privé !
Un jour où j'avais pris un énarque en flagrant délit de comparaison de chiffres incomparables, il m'avait répondu : " D'accord, mais vous, vous vous intéressez au sujet. Pour les gens, il faut des idées simples ".
Je ne voudrais pas que l'opinion publique soit convaincue que les fonctionnaires seraient des privilégiés du simple fait que les médias colportent une idée aussi simple qu'inexacte.
II n'empêche que cette stratégie de dresser le privé contre le public, sur la base d'une " idée simple " permet de faire passer au second plan certaines réalités.
Elle permet d'oublier que la réforme Balladur de 93, en augmentant la durée de cotisation de 37,5 à 40 ans (là on peut comparer les données puisque c'est le même régime), mais surtout par l'introduction de la décote et l'allongement de la période de référence, a déjà diminué et surtout va encore dégrader fortement les retraites du privé.
Elle permet de faire passer au second plan que la réforme ne concerne pas les seuls fonctionnaires, puisque l'on va passer pour tous, de 40 annuités en 2008 à environ 42 en 2020. C'est faire oublier un des principes de ce projet de loi, qui me pose personnellement problème.
Alors que depuis le dix-neuvième siècle, l'augmentation de la richesse de la
France (et des pays riches) est allée de pair avec une diminution 
phénoménale de la part de sa vie qu'une personne consacre à travailler, le projet revient sur l'histoire, en décidant que désormais, sur une vie, la proportion du temps consacrée au travail ne devra plus diminuer.
J'entends d'ailleurs tous les jours dans les médias des personnes me dire sur un ton docte et péremptoire: " il faut que les français comprennent qu'il faut travailler plus ". Soit, ils ont peut-être raison. Mais dans la mesure où une telle affirmation est contraire à ce qui s'est passé dans les 150 dernières années, je considère, en tant que scientifique, qu'ils doivent justifier leurs affirmations.
Or je n'ai jamais entendu personne me donner un véritable argument selon lequel nous serions vraiment aujourd'hui dans une situation nouvelle justifiant une inversion du phénomène historique, c'est-à-dire une augmentation du temps de travail.
Elle permet de faire oublier que ce projet est un choix politique de faire supporter aux seuls salariés actuels (pas aux employeurs ou à l'impôt) le coût de l'augmentation de l'espérance de vie, en justifiant cela par une nouvelle " idée simple " : on nous répète qu'il n'y aurait pas d'autre choix, ce qui est bien sûr faux.
Surtout, cela permet d'occulter le fait que les inégalités au sein du privé sont bien plus criantes qu'entre le privé et le public. Dans le privé, tout va dépendre de la convention collective, de la taille de l'entreprise ou encore du temps partiel subi ou choisi. Vaut-il mieux être employé à temps partiel subi d'une PME du nettoyage ou à temps plein d'une grande entreprise, avec un accord 35 heures, un CE et une convention collective très favorables ?
 
Maître de conférences de mathématiques à l'École normale supérieure de Lyon.
 
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Publié dans lestrucsdesilia

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L
j'ai horreur de lire dans des commentaires ces clichés idiots : un prof, un fonctionnaire un instit, une secrétaire etc c'est des flemmards, bourrés d'avantages et qui trouvent le moyen de râler...Hop pourquoi pas pousser jusque dire que tous les chômeurs sont des glandeurs qui font rien qu'à dormir jusque midi, qui profitent de la société et que les sdf ça pue...Pétard désolée Silia mais ça m'énerve, et ça m'énerve parce que te connaissant un tout petit peu seulement pourtant mais savoir comment tu donnes aux gamins pour l'avoir entendu, lu, écouté, je collerais bien 100 lignes à Raymond au moins ...
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S
de rien attila :))et si raymond veut connaître ton métier qu'il aille sur ton site
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A
Fonctionnaire devant faire 40 ans pour avoir une retraite "pleine", ne le pouvant pas à cause de mon statut dérogatoire m'obligeant à partir à la retraite à 55 ans, ou 57 et demi si j'ai encore des enfants à charge effectuant des études longues, travaillant plus de 50 heures par semaine (en fonction des événements, merci les grèves!) , cherchant encore après les 35 heures, me sachant néanmoins mieux lotie à ce qu'il paraît, cherche sortie désespéremment!Merci Silia pour cet article de fond!
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S
raymond je ne vais pas essayer de te convaincre vu que tu en es encore à penser qu'une instit a trop de vacances et qu'un prof arrive les mains dans les poches en coursje menace souvent mes élèves qui n'ont pas leur matériel de venir un jour sans avoir préparé ma classe et donc de dormir toute la journée,c'est la plus efficace des menaces...pendant les grèves de 2003 un instit avait fait le compte des heures travaillées et c'était bien plus que 35h par semaine vacances incluses (je ne parle pas des mauvais profs qui ne font rien ,il y en a comme partout)pour mémoire mon organisation pour la semainehttp://lestrucsdesilia.over-blog.com/article-5339911.htmlsauf quand on doit faire équipe éducative entre midi et deux (réunion avec parents psy etc...) ou conseil de maîtres le soir jusque 20h (gestion de l'école récré projets etc...)le week end au lieu de école c'est courses ou ménage et pour les preps c'est un peu plusje bosse avec une collègue le samedi matin dans le calme de la classe videet quand on quitte l'école les problèmes des enfants n'y restent pas
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R
j ai essayé de bien comprendre l article,il y a peut être et sans doute  du vrai ,je ne peux le vérifier .Effectivement pourquoi comparer des torchons et des serviettes mais faisons un ratio entre, annuités,  cautisations,annuités offertes (pour diverses raisons ,enfants ,armée, chômage etc )combien perd on quand il manque une année ?comparez.Et pourquoi ne pas avoir le même raisonnement que cette personne ?et aller dans le même sens un prof qui donne 9 h de cours par semaine travail 4 fois moins qu un salarié c est comme s il prenait sa retraite au bout de 10 ans de travailpour une institutrice  4 mois de congé c es t comme si elle prenait sa retraite au bout de 30 ans de travailvoilà en vous écoutant je dirai cecila prochaine fois que j irai chez le boucher je laisserai passer tous les fonctionnaires devant moi pour leur offrir les meilleurs mocreauxidem chez  le boulanger vous aurez les meilleurs baguettes et  à moi le cramées pourquoi apres votre retraite vous multipliez par 1,7 votre retraite quand  partez dans les îles au soleil et pas moibonne journée bonne lecture
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