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Lecture :vrais débatset fausses solutions

Naissance d’une polémique

Les méthodes globaleset semi-globales sont“responsables del’épidémie actuelle dedyslexie”

« les méthodesglobales ou semiglobales,ou à point dedépart global, sont responsables des 15% d'enfants qui ne savent pas lire en entrant au collège»

Gilles De Robien, décembre 2005

Quelques chiffres…

3 % des élèves en grande difficulté (11 % en ZEP)

peuvent répondre ponctuellement à quelques

questions mais ne maîtrisent aucune des

compétences requises en fin d’école primaire.

84 % des jeunes ne présentent aucune difficulté en

lecture, même si leur niveau de compréhension est

hétérogène (DEP mars 2004)

Près de 9 jeunes sur 10 se révèlent bons lecteurs

lors de la JAPD (journée d’appel de préparation à la

défense)

Et encore…

4,6% des jeunes présents aux JAPD sont

repérés en situation d’illettrisme (ou en grave

difficulté de lecture) : 6,3% des garçons et

2,8 % des filles.

• Ces taux sont les plus faibles enregistrés

depuis 25 ans…

…Ce qui veut dire que les situations d’illettrisme

concernent plus fréquemment…celles et ceux

qui ont appris avec la méthode « syllabique »!

Quelles méthodes ?

• La méthode dite “ globale ” n’est pas appliquée en

France aujourd’hui. Le fait qu’un enfant connaisse

“ par coeur ” des mots et qu’il en devine d’autres ne

signifie pas pour autant que l’enseignant applique

cette méthode.

• La méthode syllabique “ pure ” est aussi rarement

utilisée. Elle oblige en effet à faire lire pendant de

longues semaines des syllabes, des mots et des

phrases qui n’ont aucun sens et ont découragé dans

le passé plus d’un élève.

Ce qui a été modifié dans

les programmes :

• Extraits des programmes de 2002 :

La plupart des méthodes proposent deux types d'abord

complémentaires ; analyse de mots entiers en unités plus

petites référées à des connaissances déjà acquises ; synthèse,

à partir de leurs constituants, de syllabes ou de mots réels ou

inventés.

• Révision 2006 :

Pour ce faire, on utilise deux types d’approches

complémentaires : analyse de mots entiers en unités plus

petites référées à des connaissances déjà acquises, synthèse

à partir de leurs constituants, de syllabes ou de mots réels ou

inventés.

Ce qui a été rajouté :

« L’apprentissage de la lecture passe par le

décodage et l’identification des mots… »

Mais on trouve un peu plus loin :

«Il est indispensable de développer le plus vite

possible l’automatisation de la reconnaissance de

l’image orthographique des mots (…) Savoir

reconnaître des mots ne suffit pas pour lire une

phrase ou un texte… »

• Les programmes n’ont donc

pratiquement pas été modifiés…

• Ils n’interdisent pas une approche

globale…

• Comme avant, ils insistent aussi sur

l’importance de la maîtrise du code (le

rapport entre les lettres et les sons) !

En effet, les syllabes,

ça ne suffit pas !

• Dès les premières années de maternelle, l’enfant

est confronté à l’écrit,

• L’un des tout premiers mots qu’il apprend à

reconnaître, c’est son prénom,

• Cette approche est globale… même s’il elle est

basée sur la reconnaissance de certaines lettres.

• Pour reconnaître « globalement »

beaucoup de mots, cela suppose que

le lecteur dispose déjà, dans sa

mémoire, d'une image orthographique

du mot.

• Cette compétence s’acquiert au cours

du temps…avec la lecture.

• Pour identifier les mots en les

déchiffrant, il faut maîtriser les règles

du code (relations entre les lettres et

les sons).

• Mais cette maîtrise n’est pas si simple

qu’il n’y paraît…

En lecture, un b et un a, cela se lit

[ba], dans les mots :

Le « b-a ba », ça ne marche pas à

tous les coups !

Balai

Banane

iller

Mais pas dans :

Baignoire

Bain

Baudrier

Banc

A l’écrit, c’est encore plus compliqué :

Pour écrire la syllabe [ba], il faut certes

un b et un a, comme dans les mots :

Banane

Baobab

–débarrasser

• Mais cela ne suffit pas pour écrire

correctement les mots :

– Débat

– Tabac

– Là-bas

– Je me bats dans la cour…

Pourquoi ?

Parce que dans la langue française,

il y a …

26 lettres de l’alphabet (et quelques

accents), mais…

36 phonèmes (les sons de la langue

française) : [b],[i],[ã]

…et même un peu plus si on tient

compte des accents régionaux !

Mais il y a aussi

130 graphies (la façon d’écrire les

phonèmes), et même plus de 300 si on

tient compte des lettres « muettes » (s,

t, e), très fréquentes en français !

…Contrairement à d’autres langues, plus

« phonétiques » (l’italien par exemple).

Le mathématicien Caleb Gattegno (1911 - 1988) a réalisé un tableau

synthétique de l’ensemble des graphies des sons de la langue française :

Exemple : le son [ã]

C’est un phonème très courant dans la

langue :

temps paon enfants emmener

entend banc camps quand

etc. etc…

maman pantalon silence …

Mais il y a 31 façons différentes de

l’écrire :

• Dans d’autres cas, un même groupe de

lettres se prononce différemment, selon

les mots et selon le sens :

– Ils marchent

– Il est prudent

– Un parent

– Ils parent (au plus pressé…)

• Pour faire correspondre les lettres et

les sons, il faut donc :

– connaître la « combinatoire » (les

syllabes)

– Mais aussi les mots, la grammaire et

l’orthographe, les phrases…

 

Amusons-nous un peu…

Vous n’aurez peut-être pas trop de

difficultés à comprendre celui-ci :

Sleon une édtue de l'Uvinertisé de Cmabrigde, l'odrre des ltteers

dnas les mtos n'a pas d'ipmrotncae, la suele coshe ipmrotnate est

que la pmeirère et la drenèire soit à la bnnoe pclae. Le rsete peut

êrte dnas un dsérorde ttoal et vuos puoevz tujoruos lrie snas

porlblème. C'est prace que le creaveu hmauin ne lit pas chuaqe

ltetre elle-mmêe, mias le mot cmome un tuot.

Lire est donc une opération complexe

qui ne se résume pas à la correspondance

entre les lettres et les sons

• On lit pour s’informer, pour apprendre, pour

se distraire, pour communiquer…,

• On lit des livres, mais aussi des journaux,

des magazines, le dictionnaire, une affiche,

un relevé de compte…

• mais aussi des mails, des pages Web, des

SMS…

Apprendre à lire, c'est apprendre à mettre en

jeu en même temps deux activités très

différentes : celle qui conduit à identifier

des mots écrits, celle qui conduit à en

comprendre la signification dans le

contexte verbal (textes) et non verbal

(supports des textes, situation de

communication) qui est le leur.

Programmes de l’école élémentaire - lecture

• À l’école, l’enfant se familiarise avec les

différents supports de l’écrit,

• Il côtoie la littérature de jeunesse,

• Il va à la bibliothèque,

• Il écrit aussi, et pas seulement pour

dessiner correctement les lettres,

• Mais pour communiquer, informer,

créer des textes…

• Il apprend ainsi à mieux connaître le

fonctionnement de notre langue.

Apprendre à lire, ce n’est donc pas

qu’une question de méthode !

Mais c’est aussi une

question de moyens :

• Des effectifs réduits

• L’accès à une bibliothèque,

• Des aides spécifiques pour les élèves

qui éprouveraient des difficultés…

Derrière la polémique,

les chiffres :

• Rentrée 2006 : + 39 100 élèves + 750 emplois

• Rentrée 2007 : + 46 400 élèves + 600 emplois

• De 2003 à 2007, 4101 enseignants de plus pour

184 901 élèves de plus, soit en moyenne une

création pour 45 élèves supplémentaires !

La fausse La fausse suppression de la

« méthode globale »…

…Cache donc l’absence de vraies

mesures pour la réussite

de tous les élèves !

SNUipp - FSU

Septembre 2006

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Publié dans humeur

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M
UN lien bien intéressant http://www.meirieu.com/FORUM/charmeuxb_a_ba.pdf
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L
Je suis ravie d'avoir à nouveau l'avis d'enseignante, j'en côtoie beaucoup et dans ma famille tous sont devenus enseignants (sauf moi LOL) ; j'ai évoqué cela non pas par colère, mais par doute!  Mon fils ne rencontre pas de difficulté, je l'ai dit, et ici nous baignons dans les livres, les mots sont très importants, la lecture aussi bien entendu! Mais je me suis représentée les enfants en difficulté, j'ai aussi entendu de nombreux parents débiter de grosses anneries qui m'on fait bondir .....  Votre métier n'est pas facile aux vues des circonstances actuelles .....  certains parents comme moi, sont seulement un peu surpris de certaines méthodes parce que mal informés ... c'est ce que je regrette.  Mon post était sans "humeur" crois-le bien, juste une interrogation ?  Merci de tes articles qui ne nous laissent pas indifférents.
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S
lol c'est dans humeur parce que ça n'est ni p2x ni patch ni tricot :)))<br /> c'est juste pour informer un peu ,en opposition aux médias qui désinforment trop<br />  
J
ouais c'est un sacré boulot !!! et moi franchement je tire mon chapeau à celles et ceux qui enseignent aujourd'hui ...
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E
en voilà de la lecture qu'elle est intéressante ! bon courage Mâme la maîtresse :-)
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